Ensemble, faisons abroger la limitation des allocations d'insertion à 3 ans

Carte blanche dans le Soir du 1er juillet 2014, pour l’abrogation de l’Art.63§2 !

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A l’initiative du réseau STOP Art.63§2 et de Corinne Gobin, maître de recherche FNRS et membre du département de sciences politiques de l’ULB, une carte blanche a été rédigée, signée par plus de trente personnalités académiques et syndicales, de la CSC comme de la FGTB,  et publiée ce 1er juillet par le quotidien Le Soir. Ce texte est sans ambage: il revendique l’abrogation pure et simple de l’Art.63§2 et « invite » les partis francophones susceptibles d’être appelés à négocier la constitution du prochain gouvernement à faire « de l’abrogation de l’article 63§2 une condition sine qua non de leur participation à une éventuelle coalition fédérale. »

http://www.lesoir.be/587303/article/debats/cartes-blanches/2014-07-01/allocations-d-insertion-pour-l-abrogation-l-article-63%C2%A72

Elle est aussi publiée par la Ligue des Droits de l’Homme !

http://www.liguedh.be/2014/2146-allocations-dinsertion-pour-labrogation-de-larticle-63s2

Signé entre autres par Marc Becker (secrétaire national de la CSC), Christian Jacquemin (Président de la régionale FGTB de Verviers et Communauté germanophone),  Daniel Piron (Secrétaire régional, FGTB Charleroi/Sud-Hainaut), Pedro Rodriguez (Responsable national des Travailleurs sans Emploi, de la CSC),  Isabelle Stengers (Philosophe, ULB), Jean-François Tamellini (Secrétaire fédéral de la FGTB), Eric Toussaint (Maître de conférence à Ulg et président du CADTM), Felipe Van Keirsbilck ( Secrétaire Général de la CNE)… etc…

Voici l’intégrale du texte et la liste des signataires:

Carte blanche pour l’abrogation de l’article 63§2 (limitation dans le temps des allocations d’insertion) 

Les jeux (électoraux) sont faits, la partie a commencé ! Derrière les négociations, une échéance se profile : le 1er janvier 2015.

Ce jour-là, si rien ne vient l’en empêcher, l’article 63§2 qui limite désormais dans le temps les allocations d’insertion fera ses premières victimes parmi une population déjà largement précarisée. Pour rappel, les allocations d’insertion sont versées à tous les demandeurs d’emploi qui n’ont pas cumulé suffisamment de jours d’emploi pour ouvrir leur droit aux allocations de chômage « sur base d’un travail ». Contrairement à ce que l’on entend souvent, il ne s’agit donc pas (que) du « chômage des jeunes », puisque par exemple le travail à mi-temps ne permet pas de remplir cette condition.

Depuis le 1er janvier 2012, ces allocations sont limitées à trois ans une fois atteint l’âge de 30 ans, sauf pour une toute petite catégorie d’allocataires. Il n’y aura pas que des « jeunes » donc, parmi les futurs exclus, puisque la plupart de ceux-ci auront au minimum 33 ans. Beaucoup de femmes par contre (60%), et plus largement des travailleurs plus ou moins âgés qui ont enchaîné petits boulots, temps partiels ou interims, souvent pendant des années, mais sans jamais que cela suffise à leur ouvrir le droit à un chômage complet et (du moins pour l’heure) encore illimité. « Qu’ils se rassurent, ils pourront toujours se tourner vers les CPAS ! ». Là encore, il faut rappeler que seule une partie de ces exclus pourra effectivement bénéficier du RIS (un argument d’ailleurs cyniquement utilisé par une ex-ministre pour rassurer les communes sur l’impact budgétaire de la mesure…). Pour les autres, ce sera le retour chez les parents (quand c’est encore possible!), la débrouille, la rue… Une régression sociale inouïe dans un pays qui compte déjà 15 % de pauvres, tout en affichant un PIB par habitant parmi les 20 premiers mondiaux.

Et tout ça pour quoi ?

Lutter contre le chômage ? On voit difficilement comment affamer des milliers de personnes contribuerait à créer le moindre emploi. Il existe plus d’un million de personnes totalement ou partiellement sans emploi en Belgique pour… 50 à 70 000 offres mensuelles ! Le seul impact de cette mesure sera d’accentuer la concurrence entre des travailleurs déjà précarisés au seul bénéfice des employeurs et des actionnaires.

Réaliser des économies ? Les estimations les plus optimistes tablent sur un gain de 250 millions d’euros. Un montant ridicule quand on sait que l’optimisation fiscale à elle seule coûte près de 20 milliards d’euros chaque année à l’État (sans compter l’évasion fiscale qui atteint probablement des proportions encore plus colossales, quoique plus difficiles à chiffrer avec certitude).

Devant une telle injustice, on comprend que, durant les élections, la majorité des partis francophones se soient prononcés contre cette mesure, même parmi ceux qui l’ont pourtant votée il y a trois ans ! Ils ont aujourd’hui l’occasion de réparer cette « erreur » et de joindre le geste à la parole. Qu’ils fassent de l’abrogation de l’article 63§2 une condition sine qua non de leur participation à une éventuelle coalition fédérale. Et que l’on cesse de faire payer la crise à ceux qui en sont les premières victimes, sans jamais toucher à ceux qui l’ont provoquée… et qui en profitent !

 

Alaluf, Mateo – Professeur émérite, ULB

Aron, Paul – Professeur, ULB

Bárdos-Féltoronyi, Nicolas – Professeur émérite, UCL

Bauraind, Bruno –  Licencié en sciences politiques, Gresea

Becker, Marc – Secrétaire National, CSC

Buelens, Jans – Avocat Progress Lawyers Network (Bruxelles) – Professeur, Université d’Anvers

Cassiers, Isabelle – Chercheure qualifiée, FNRS-UCL

De Greef, Vanessa – Assistante au Centre de droit public, ULB

Demeulemeester, Jean-Luc – Economiste, Professeur, ULB

Demonté, Tony – Secrétaire général adjoint, CNE

Deroubaix, Jean-Claude – Maître de conférence, Umons

Durand, Pascal – Professeur, Ulg

Fanello, Liliane – Journaliste freelance

Ferreras, Isabelle – Chercheur qualifié FNRS – Professeur, UCL

Gobin, Corinne – Maître de recherches, FNRS-ULB

Hamzaoui, Mejed – Sociologue, Professeur, ULB

Jacquemain, Marc – Professeur, Ulg

Jacquemin, Christian – Président de la régionale FGTB de Verviers et Communauté

germanophone

Lebeer, Guy – Sociologue, ULB

Lebrun, Michaël – Sociologue, ULB

O’Dorchai, Sile – Maître de conférence et chercheuse au DULBEA, ULB

Pirnay, Laurent – Secrétaire général adjoint, CGSP wallonne

Piron, Daniel – Secrétaire régional, FGTB Charleroi/Sud-Hainaut

Réseau « Stop article 63§2 », www.stop632.be/

Richard, Daniel – Secrétaire interprofessionnel, FGTB Verviers et Communauté

Rodriguez, Pedro – Responsable national des Travailleurs sans Emploi, CSC

Savage, Réginald – Economiste – Professeur, UCL (FOPES)

Schaut, Christine – Sociologue

Siroux, Jean-Louis – Sociologue, FNRS/UCL

Stengers, Isabelle – Philosophe, ULB

Tamellini, Jean-François – Secrétaire fédéral de la FGTB

Toussaint, Eric – Maître de conférence, Ulg, président du CADTM

Van Keirsbilck, Felipe – Secrétaire Général, CNE

Vandewattyne, Jean – Chargé de cours, Umons

 

 

 

 

 

 

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