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Blocage de l’Onem de Bruxelles / 16 décembre 2014

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Mardi 16 décembre, à 10h, Place Broodthaers, à Bruxelles, au lendemain de la grève générale qui a paralysé l’économie du pays, le réseau Stop Art.63§2 appelait à un rassemblement devant les bureaux de l’Onem. Objectif : par notre présence, bloquez pour une journée la machine à exclure…

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Lorsque nous arrivons sur place, la présence de plusieurs policiers en civil révèlent que quelque chose se passe… En fait, une bonne vingtaine de personnes nous ont précédés et ont investi les locaux. Comme nous, ils cherchent à bloquer la machine. Voici le communiqué qu’ils nous envoient ainsi qu’à la presse:

« Occupation de l’ONEM de Bruxelles – Bloquons la machine à exclure
Depuis plusieurs années, les gouvernements d’ici et d’ailleurs utilisent « la crise », dont ils sont les premiers responsables, comme un moyen de pression pour faire passer leurs réformes et détruire les conquis sociaux partout où il en subsiste. Dans la suite de la grande manifestation nationale du 6 novembre dernier, des centaines de milliers de personnes refusent cette supercherie et se révoltent contre la guerre qui leur est menée.

Le premier janvier 2015, dans deux semaines, des dizaines de milliers de chômeurs seront radiés du chômage. Votée sous le gouvernement Di Rupo, cette mesure, s’accompagnant d’un renforcement des contrôles et de sanctions plus directes, aura des effets économiques cosmétiques en regard des dizaines de milliards d’euros gaspillés par les banques ou détournés de l’impôt par les grandes entreprises. Qui croit encore à la nécessité budgétaire d’une telle loi ? Cette dernière vise avant tout à peaufiner la mise en disponibilité des êtres, que ce soit le travailleur cherchant coûte que coûte à préserver son emploi, ou le chômeur s’acharnant à en trouver un à quel prix.

Aujourd’hui, nous, êtres venant de tous horizons et « libres » de ne pas être représentés, occupons l’ONEM et voulons empêcher les contrôles ainsi que les sanctions du jour. En perturbant la machine à exclure, nous posons un geste qui ne demande qu’à être répété, prenant ainsi part au mouvement de grève national qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Bruxelles, mardi 16 décembre 2014″

 

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Vers 10h15, nous sommes une bonne septantaine et nous savons qu’ils sont toujours à l’intérieur. Deux policiers arrivent avec des chiens . Il ne faudra pourtant plus longtemps pour que la direction de l’ONEM affiche un premier message sur la porte d’entrée : les locaux sont fermés jusque vers 13h sauf pour les contrôles. Eux dedans, nous dehors obtenons une première victoire. Mais nous ne désarmons pas. La samba met l’ambiance.

Mais pourquoi le réseau appelait-il à un rassemblement devant l’Onem et à un blocage des contrôles ? ?

« Trois bonnes raisons pourtant selon nous, de nous rassembler quand même

là, devant cette institution qui constitue le symbole et l’administration

de fait de cette partie de la sécu que sont les caisses chômage, et de ce

que « ils » en ont fait aujourd’hui, un outil vécu par la plupart des

travailleurs « sans emploi » comme davantage disciplinaire que protecteur ou

émancipateur… En soi cela mérite déjà d’être dénoncé.

Mais aussi pour dire:

– STOP aux harcèlements exercés par l’Onem, sous les exigences

gouvernementales, contre les centaines de milliers de chômeurs et

chômeuses à qui ne sont proposés que quelques milliers d’emplois

généralement à durée limitée, à horaire partiel, sous statuts

d’indépendants ou d’intérims, etc, pour souvent produire de la

junk-consommation, dans des conditions de travail de plus en plus

pénibles, et ne permettant jamais de quitter un système d’allocations

d’insertion du coup ILLEGITIMEMENT LIMITE dans le temps ;

– STOP à des contrôles sur la recherche d’emploi dont le non-sens est

révélé par la logique même de l’article 63§2: des dizaines de personnes

qui vont être contrôlées POSITIVEMENT d’ici le 31 décembre, dont l’ONEM

attestera donc qu’elles sont de « bonnes chercheurses d’emploi » seront

malgré tout exclues de leur droit au chômage quelques jours plus tard pour

avoir « insuffisamment travaillé ». Cela avère sans discussion que ces

contrôles sont de la farce, de pures dispositifs disciplinaires ; nous

n’en voulons plus;

– Renforcement de la sécurité sociale dont le 7e anniversaire sera célébré

le 28 décembre de cette année, à commencer par son financement, et du coup

revendication que le front commun syndical impose une 5e balise non

négociable avec le patronat et le gouvernement : les droits au chômage,

bafoués depuis des années AU DETRIMENT DE TOUS LES SALARIES, doivent au

minimum en revenir à ce qu’ils étaient avant l’instauration de l’Etat

social actif, en 2004 ! »

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Vers 10h30, sans la moindre arrestation, les « occupants » sortent de l’Onem sous les applaudissements. Nous sommes alors une petite centaine devant l’Onem. Peu de temps après, la direction de l’Onem change l’affichette apposée sur le porte vitrée : fermeture des locaux pour toute la journée, contrôles annulés ! La victoire est donc totale même si le répit n’est que de 24h et que les convoqués ne sont évidemment pas sortis des rets disciplinaires de l’Office National de l’Exclusion Massive.

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Les Joc (Jeunes organisés et combatifs, ex-Jeunesse Ouvrière Chrétienne) veulent bien nous recevoir, rue d’Anderlecht, pour un café et un débriefing, auxquels nous invitons tous les manifestants et occupants. Nous décidons alors d’envahir la rue et d’improviser une manif festive et sans autorisation mais sous « protection policière », ce qui étonne plus d’un bruxellois… Tout cela n’est pas sans rappeler la manif du 1er décembre à Liège. Ici, cela durera une bonne vingtaine de minutes, où nous parcourons notamment tout le Boulevard Lemonnier.

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L’assemblée populaire, elle aussi improvisée, dans les locaux de la JOC se prolongera jusque vers 15h. Et débouchera sur la décision des participants de se redonner un rendez-vous lundi prochain même heure devant l’Onem de Bruxelles avec l’envie visiblement d’aller interpeller les organisations syndicales sur le peu de punch qu’elles mettent à se bagarrer sur l’article 63§2 mais aussi plus largement sur toutes les régressions qu’ont subies ces dernières années les droits au chômage.

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